Face aux effets du réchauffement climatique, de plus en plus de viticulteurs réintroduisent les arbres au cœur des vignobles. Cette approche, appelée vitiforesterie, améliore la résilience des vignes, favorise la biodiversité et prépare durablement l’avenir de la production viticole.
Vitiforesterie et adaptation climatique : des résultats prometteurs dans les vignobles
Dans le nord de la vallée du Rhône, le domaine de Pierre-Jean Villa expérimente depuis 2020 la vitiforesterie afin de renforcer la résistance des vignes aux épisodes climatiques extrêmes. Sur cette parcelle, près de 400 arbres fruitiers et forestiers ont été plantés parmi les rangs de syrah. Selon les observations du domaine, la vigne a mieux résisté aux vingt jours de canicule enregistrés durant l’été 2025, avec un rendement jugé satisfaisant. Les travaux menés par l’Inrae confirment également l’intérêt de cette pratique : l’ombre, l’évapotranspiration et la régulation thermique offertes par les arbres réduisent les effets des fortes chaleurs, dépassant parfois les 40 °C.
Un modèle durable qui séduit les nouvelles générations de viticulteurs
La vitiforesterie apparaît aujourd’hui comme une réponse positive aux enjeux environnementaux et économiques du secteur viticole. En favorisant la biodiversité, en améliorant le paysage et en renforçant la résilience des exploitations, elle contribue à construire une agriculture plus durable. Bien que seulement 2 à 5 % des surfaces viticoles françaises soient concernées, la dynamique progresse dans plusieurs régions comme Bordeaux, le Languedoc ou la Champagne. Cette démarche représente aussi un investissement intergénérationnel, créant un patrimoine naturel durable pour les futurs exploitants. Pour de nombreux professionnels, les arbres constituent désormais un véritable levier de résilience et d’attractivité.
Source : L’info durable / photo : domaine_pj_villa
